Illusion auditive
Comment notre cerveau comble les trous
Il est relativement commun chez les auditeurs d’”entendre” des sons qui ne sont pas
réellement là. En fait, c’est la capacité du cerveau à reconstruire des sons fragmentés qui nous…
Comment notre cerveau comble les trous
Il est relativement commun chez les auditeurs d’”entendre” des sons qui ne sont pas réellement là. En fait, c’est la capacité du cerveau à reconstruire des sons fragmentés qui nous permet de tenir une conversation dans une pièce bruyante. Une étude, publiée dans Neuron [1] explique ce qui se passe dans le cerveau nous permettant de percevoir un son physiquement interrompu comme étant continu. “Dans notre vie de tous les jours, les sons auxquels nous portons attention peuvent être distordus ou masqués par un bruit de fond, ce qui signifie que certaines informations sont perdues. Malgré cela, notre cerveau fait en sorte de combler ces trous d’information, en nous donnant une “image” générale du son” explique le Dr. Lars Riecke du Département de Neuroscience Cognitive à l’Université de Maastricht. Le Dr Riecke et ses collègues se sont intéressés aux mécanismes neuraux associés à cette illusion auditive continue, où un son interrompu physiquement est entendu en continu dans un environnement bruyant. Les chercheurs ont étudié le timing des processus sensitivo-perceptuels associés à l’encodage des sons physiquement interrompus et leur restauration auditive, en combinant des mesures comportementales où un participant évaluait la continuité d’un son, avec des mesures simultanées d’activité électrique dans le cerveau. De façon intéressante, les ondes cérébrales lentes appelées “oscillations thêta”, qui sont impliquées dans l’encodage des sons, étaient supprimées pendant une interruption d’un son quand ce son était restauré de façon illusoire. “C’était comme si un son physiquement ininterrompu était encodé dans le cerveau” explique le Dr. Riecke.” Cette suppression associée à la restauration était plus manifeste dans le cortex auditif droit. Pris ensembles, ces résultats révèlent un nouveau mécanisme qui ajoute à notre compréhension de la nature constructive de l’audition humaine. “Nos résultats révèlent que des modulations spontanées dans les oscillations corticales auditives lentes évoquées pourraient déterminer la perception continue des sons fragmentés dans le bruit” conclut le Dr. Riecke. L’effet suppressif était présent avant un trou comblé de façon illusoire, et atteint son maximum peu de temps après le début véritable du trou, suggérant que le mécanisme pourrait fonctionner rapidement ou qu’il anticipe et donc facilite une audition stable des sons fragmentés dans les environnements naturels.
Annick P.
